Le berceau du judo dans la tourmente

Ces derniers jours ont été marqués par de tristes nouvelles en provenance du Japon. Deux faits marquants et liés à deux monuments du Judo international ont vu le jour et ternissent, peut-être, l’image parfaite que l’on a du pays de l’inventeur du Judo, Jigoro Kano.

Ryuji Sonodaentraîneur de l’équipe nationale féminine Japonaise, champion du monde -60kg en 1993 à Hamilton et plusieurs fois médaillé mondial, a été mis en cause par 15 jeunes femmes du groupe à travers une lettre adressée au Comité Olympique Japonais.

Ryuji Sonoda, entraîneur de l'équipe nationale féminine Japonaise

Accusé de harcèlement et de violences sur les sportives en particulier lors d’un stage de préparation aux Jeux Olympiques de Londres, l’entraîneur a été blâmé dans un premier temps par sa fédération, le 19 janvier, pour présenter finalement sa démission le 31 janvier. Il frappait notamment les judoka avec un bokken, le sabre en bambou utilisé en Kendo, un autre art martial japonais.

La FIJ (Fédération Internationale de Judo) dans un communiqué a affirmé sa totale désapprobation envers de tels comportements. « Ceux-ci n’ont rien à voir avec l’esprit du judo et la philosophie enseignée par le maître fondateur de notre sport, Jigoro Kano », a déclaré le Président de la Fédération Internationale de Judo, M. Marius Vizer. Cette violence a été également dénoncée par le ministre des Sports du Japon, Hakubun Shimomura, qui a confirmé qu’il était temps pour le Japon, « de renoncer à l’idée que la violence peut faire partie de l’arsenal d’un entraîneur ».

Cela pose la question de la limite à fixer aux entraîneurs prenant en charge des groupes de haut niveau lors de phases de préparation aux grandes compétitions internationales, mais pas seulement. Monsieur Sonoda qui a reconnu les faits, estimait quant à lui utiliser ces techniques comme moyens d’endurcir les jeunes femmes, pour les préparer mieux aux défis physiques et psychologiques liés au Haut Niveau. Une enquête de 2011 affirmerait que 4 enfants meurent chaque année au Japon au cours d’entraînements de Judo et une association des victimes des accidents de judo y a même été créée. Une loi interdit pourtant depuis 1947 tout usage de sanctions physiques des enseignants sur leurs élèves, mais sans réel contrôle ni répression.

Cette nouvelle intervient alors que Masato Uchischiba, double champion olympique, a été condamné ce mois-ci à 5 ans de prison pour viol, pour des faits remontant à 2011.

Masato Uchischiba, double champion olympique

Il avait alors agressé sexuellement une jeune fille mineure dont il avait la charge en tant qu’entraîneur de l’équipe féminine de judo de l’Université Kangofukushi. Masato Uchischiba a lui toujours nié l’agression et a décidé de faire appel de la décision de justice.