Les aventures de Pierrick – Un week-end pas comme les autres en Mongolie

Pierrick est un judoka du club depuis son enfance. Passé par le pôle espoir de Nantes, il poursuit aujourd’hui ses études en école de commerce à Angers.

Depuis plus de 6 mois, il est en Chine en stage où il continue de s’entraîner là-bas, plus particulièrement dans une club de JJB (ju-jitsu brésilien) à Shanghai.

Dans cet article, il nous fait partager une incroyable expérience qu’il a vécu… en Mongolie !

N.B. N’hésitez pas à laisser un petit commentaire à cet article !

L’équipe « Warzone »

Nous sommes donc partis à 7 membres de Warzone (mon club de JJB à Shanghai), de 7 pays différents à savoir Brésil, Canada, Australie, Russie, Salvador, Tadjikistan et France.

Nous avons eu la chance de participer à ce tournoi grâce à Robert notre ami canadien, combattant MMA en Chine qui avait déjà effectué ce tournoi il y a 3 ans. Il a donc convié avec lui les membres du club ayant un bon niveau de lutte, judo ou encore MMA.

Rustam le tadjik était champion de lutte jeune dans son pays, Saulo le brésilien, également professeur à Warzone, est ceinture noire de judo, Simon l’australien est combattant MMA, Dimitry le russe n’a pas de background dans ces différents sports mais est quelqu’un de très motivé, Miguel notre ami du Salvador et passionné de photo était notre photographe officiel, et aussi un solide gaillard, et le petit français de Sainte Luce Thouaré judo était donc là pour compléter l’équipe.

C’est donc cette équipe cosmopolite âgée de 21 à 43 ans qui décolla de Shanghai direction Baotou en Mongolie chinoise (environ 3h de vol plein nord), prêt à taquiner du beau bébé mongol.

Le Tournoi

Ce tournoi fut le 4ème du nom, et considéré comme le plus gros tournoi de bökh au monde réunissant les 250 meilleurs combattants des steppes mongols, et aussi une équipe de lutteurs russes (principalement composée de mongols) d’en moyenne 120kg, enjoy.

Il prenait place à Ordos/ E’rduosi, à environ 2h de route de Baotou la ville où on nous avons atterri, dans une superbe salle d’environ 3000 places aménagée spécialement pour l’occasion.

Les 7 nains au royaume des hommes forts

Dès le vendredi soir, nos hôtes Mandohu et Bala Bala nous ont emmenés sur les lieux du tournoi pour le tirage au sort mais aussi pour s’imprégner des lieux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça nous tout de suite mis dans l’ambiance. En effet, l’équipe russe ainsi qu’une vingtaine d’autres combattants étaient également présents au même moment.

Comment dire ? Quand tu arrives avec tes 6 potes d’en moyenne 85kg et que tu te retrouves face à des armoires dépassant allègrement le quintal et aux oreilles boursouflés comme des Ouzbeks, le ton est tout de suite donné. Bref, 1kg de soupe de moutons et de ravioles à la viande plus tard, nous pouvions profiter d’une courte nuit de sommeil à l’hôtel avant la bataille.

7h30, Mandohu vient toquer à chaque chambre pour un petit déjeuner copieux avant d’aller au tournoi. Personnellement, je me suis pas fait pas prier pour être le plus lourd possible, pour une fois que je ne suis pas obligé de compter mes gorgées d’eau 2 jours avant la compétition pour être au poids.

8h30, -14°C dehors, direction le tournoi avec nos amis de l’équipe russe dans le bus, qui nous reléguaient aux sièges du fond car bien entendu, les colosses étaient obligés de prendre 2 sièges pour s’asseoir.

9h00, cérémonie d’ouverture. Impressionnant. Magique. Emouvant. Les superlatifs ne manquent pas pour décrire cette ambiance. Entre orchestre, chants mongols chamaniques, défilé en costumes traditionnelles, une chose est sûre, ce tournoi est probablement le plus important de l’année pour le peuple mongol.

10h00, début des combats. 250 combattants, ça fait du monde en fait. Vague après vague, on se rendait compte que ce sport était plus proche du judo que de la lutte, en plus lent et plus statique de par le poids des combattants bien-sûr, mais aussi très précis sur les mains. Des musiques mongoles accompagnaient les combats, ce qui donnait une ambiance très solennelle au tournoi.

 

Comme prévu, l’ensemble de l’équipe a connu quelques difficultés à se faire une place dans ce tableau de 250 combattants, perdant plus ou moins rapidement au premier tour face à des adversaires en moyenne 20 à 30kg plus lourd que nous. Mais peu importe, nous avons pu nous confronter à ces forces de la nature dans cette ambiance si spéciale, et c’est ça le plus important.

Les tours passent et au fur et à mesure de l’avancée des combats, nous avons assisté à l’exploit de la journée. Nous sommes au 4ème tour, soit à mi-chemin de la finale, et le champion en titre (140kg à vue d’œil) fut défait par un local de 80kg sur un modèle de O-Uchi-Gari, ce qui entraîna une standing ovation du public et le respect de tous les combattants pour l’homme qui fut le héros de la journée, mais malheureusement battu au tour suivant.

Le dernier carré fut composé de 4 mongols chinois, une première dans l’histoire du tournoi à la plus grande joie du public, car rappelons le, nous étions en terre chinoise dans cette province mongole indépendante. Le vainqueur du tournoi n’était pas le plus lourd, pas le plus léger non plus mais techniquement très fort et a su gagné 9 combats pour aller conquérir la ceinture tant convoitée de champion de bökh. On peut le dire, il doit être considéré à présent comme l’un des hommes les plus forts de Mongolie, et croyez-moi, ce n’est pas évident de le devenir.

Compétition terminée, 1kg de soupe de mouton et de ravioles à la viande plus tard, nous voilà partis chez des amis de Mandohu pour une séance photo en costume traditionnel. On ressemblait plus à des touristes en séance d’essayage au fake market de Shanghai qu’aux dignes descendants de Genghis Khan, mais nous avons passé un bon moment chez l’habitant et une belle soirée en leur compagnie.

13h00 le dimanche midi, l’heure de rentrer à Shanghai et de dire au revoir à cette province peu connue de Chine mais tellement accueillante et différente des stéréotypes d’une Chine polluée et surpeuplée.

Cette expérience fut unique et nous étions tous d’accord sur le chemin du retour que le peuple mongol est un peuple profondément chaleureux, respectueux et avec des traditions qui valent vraiment le déplacement. Et pour rien vous cacher, on y mange aussi très bien (le gabarit des combattants le confirme).

Je tiens encore à remercier Rob de nous avoir offert l’opportunité de participer à ce qui fut très certainement l’une des meilleurs expériences de ma vie, mais aussi à Mandohu et Bala Bala, nos amis mongols qui ont pris soin de nous du début jusqu’à la fin du séjour et qui nous ont permis de vivre au plus près de cette culture si spéciale qu’est la culture mongole.

Comme on dit en chinois, NEI MONGOL HEN HAO !

Par Pierrick Bertel